LES GRANDS BUFFETS DE NARBONNE

Depuis 20 ans, il n’a pas d’équivalent en France. À part dans les villages du Club Med ou dans deux capitales européennes, Barcelone et Bruxelles. C’est d’ailleurs là que Louis Privat est allé piquer l’idée d’un restaurant aux buffets à volonté autour d’une cuisine traditionnelle. Il l’a peaufinée, puis l’a soumise à la mairie de Narbonne qui cherchait, à la fin des années 80, à doter d’une cafétéria son tout nouveau complexe de loisirs (piscine, patinoire et bowling), L’Espace Liberté. Et Narbonne n'a pas eu à la regretter... le succès est au rendez-vous.

« Notre croissance constante n’est pas le fait du hasard, assure Louis Privat. D’abord, nous avons misé, dès l’ouverture, sur une qualité irréprochable en proposant tous les plats qui symbolisent la cuisine française. Ensuite, nous avons mis en place une politique de transformation qui, tous les cinq ans, nous permet de faire évoluer sensiblement la structure. » Ainsi, après un fonds de départ de 300 000 €, ce responsable a investi en vingt ans plus de 5 M€. Mais le plus gros investissement, c’est fin 2008 qu’il l’a réalisé en injectant pas moins de 3,5 M€ d’un seul coup.

Un budget considérable pour tout repenser ou presque, notamment au niveau de la cuisine, un modèle du genre, mais aussi des buffets rallongés et où un tourne-broche de 6 mètres sur 2 cuit, chaque jour, tout ce qui fait le succès d’une vraie rôtisserie.

Le changement a également gagné les jardins confiés au paysagiste André Gayraud et à l’artiste sétois Hervé Di Rosa, ainsi que la salle revue par un pastelliste, Alain Bellanger. Une réécriture du concept qui, aujourd’hui, fait des Grands Buffets de Narbonne un établissement intégralement finalisé et de plus en plus… original !
Car tout surprend quand on s’invite à sa table : d’abord le prix unique, cela va de soi, de 22,90 €, le choix incroyable, de l’entrée aux desserts, les vins « uniquement » régionaux proposés au même prix que chez les producteurs, ce qui a fait passer le nombre de bouteilles vendues de 35 000 à 50 000 par an. Même le vin au verre ne subit pas d’inflation. Ce sont sans doute tous ces « plus » qui ont conduit quelque 240 000 personnes à s’attabler Aux Grands Buffets l’année dernière.

Le chiffre d’affaires est passé à 6,5 M€, ce qui représente 60 % de plus qu’en 2008.

Beaucoup viennent même de très loin pour profiter de la formule. « Le dimanche, on refuse systématiquement 200 personnes », confie Louis Privat qui vient de mettre en place un système de réservation afin de contenter tout le monde. Son objectif est d’atteindre les 250 000 couverts cette année. Aidé de sa femme Jane, dont la sensibilité fait merveille au niveau de la décoration, et de son associé Philippe Roques, en charge du secteur opérationnel, il mise sur l’entrée de son établissement au club audois « Table et Vin » ainsi que son prochain référencement sous le label régional Sud de France pour élargir encore sa clientèle.

Sans compter que Narbonne devrait inaugurer un musée de la romanité. De quoi avoir de nouvelles perspectives de développement. Mais à Narbonne et nulle part ailleurs. Il y a bien eu un projet d’implantation à Odysseum à Montpellier. Finalement, l’affaire ne s’est pas conclue. Les Grands Buffets restent une exception audoise.

Marie Claire PIT